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Inside BlaBlaCar

Créé il y a 10 ans par un chercheur, Frédéric Mazzella, et renommé BlaBlaCar en 2013 pour séduire l’international, le site de covoiturage français est devenu un des poids lourds du web français. La société compte aujourd’hui 110 collaborateurs dont 70 dans ses locaux flambant neufs de 2000 m2 à Paris. Les autres sont répartis dans les différents bureaux européens.

BlaBlaCar revendique 6 M de membres auxquels vont venir s’ajouter les nouveaux utilisateurs en Russie où l’ex covoiturage.fr vient tout juste de s’implanter. Un réseau en pleine expansion qui repose, avant toute autre considération, sur la confiance.

Rencontre au fil des open spaces et autres espaces de détente des nouveaux locaux avec un CEO passionné autant que lucide, Frédéric Mazzella. @mazaic

(MAJ 02/07/2014) BlaBlaCar fait une levée de fonds de 100 millions de dollars (73 millions d’euros). La société va pouvoir accélérer son développement à l’international.

Interview

Bertrand Lenotre : Bonjour Frédéric Mazzella,

Frédéric Mazella : Bonjour Bertrand,

Bertrand Lenotre : Merci de nous accueillir dans les locaux flambants neufs de BlablaCar, on est les premiers à poser une caméra ici ?

Frédéric Mazella : Tout à fait, oui, vous avez beaucoup de chances.

Bertrand Lenotre : C’est incroyable la surface que vous avez ici, il y a combien de m² ?

Frédéric Mazella : Il y a 2000 m2, on n’utilise pas tout aujourd’hui, mais on a pris une grande surface.

Bertrand Lenotre : En fait, vous avez embarqués ici les 110 personnes qui composent BlablaCar, l’évolution a été absolument colossale depuis 2, 3 ans ?

Frédéric Mazella : Oui, alors l’effectif, tout comme le trafic et l’activité sur le site, a doublé chaque année, donc il y a un an, on était 50, aujourd’hui, on est environ 110 avec à peu près 70 personnes sur Paris et puis 40 personnes qui sont dans tous nos bureaux à l’étranger, donc il y a : Milan, Madrid, Hambourg, Varsovie et Londres.

Bertrand Lenotre : Ce qui est assez impressionnant, c’est que sur les 2000 m², partout où l’on va, il y a des logos BlablaCar, j’ai rarement vu ça dans une entreprise.

Frédéric Mazella : Oui, on l’aime bien notre logo, on aime bien notre nom, on aime bien la culture qu’on a développé : l’ambiance, l’ambition, la motivation, on organise beaucoup de choses entre nous, c’est-à-dire qu’on fait des soirées, là, au mois de mars on part tous au ski pendant quelques jours, l’espace d’un grand week end. Il se passe beaucoup de chose en fait, entre nous, pendant le travail, en dehors du travail et on développe une ambiance où on a toute une équipe très soudée et très motivée par le projet d’ensemble, qui est devenu maintenant complètement international, donc c’est vrai que c’est très motivant.

On a des équipes cross fonctionnelles qui vont avoir quelqu’un qui est le lead du projet, quelqu’un d’autre qui est le sponsor et d’autres qui participent, ce qui est important, c’est qu’à chaque fois, sur chaque projet, on ait quelqu’un qui soit responsabilisé sur le projet.

Très clairement, on a une opportunité assez rare pour une start-up, c’est-à-dire que l’on a un produit qui est le plus abouti dans son domaine au monde, ça c’est vraiment un avantage qu’on cherche à mettre en avant et puis on a une seconde opportunité c’est que justement quand on arrive dans des nouveaux pays, généralement comme une place de marché de co-voiturage est très difficile à démarrer, et bien on arrive, il n’y a que des embryons de co-voiturages mais il n’y a pas de service qui marche, donc il y a réellement une place à prendre.

Bertrand Lenotre : Frédéric Mazella, il y a une chose que l’on ignore parfois, c’est que vous avez été à Stanford, vous avez été chercheur, à la Nasa,

Frédéric Mazella : Oui, je suis allé faire des études informatiques à Stanford et en parallèle j’étais chercheur pour la Nasa en chirurgie virtuelle, c’est-à-dire que, il fallait trouver un moyen pour que les chirurgiens puissent s’entraîner sur une boite noire de chirurgie virtuelle, avec des outils à retour de force, puis des environnements 3D, pour pouvoir ensuite faire en sorte que l’on envoie ces boites noires dans l’espace pour qu’on puisse opérer les astronautes avec des meilleures chances de succès, puisqu’on s’est entraîné d’abord sur une boite noire en chirurgie.

Bertrand Lenotre : Donc vous n’étiez pas programmé pour être entrepreneur au départ ?

Frédéric Mazella : Entrepreneur c’est innovant donc, je pense que c’est un peu lié, c’est créatif, c’est innovant, la recherche et entrepreneuriat c’est très proche dans l’approche justement, parce que c’est quelque chose qui nous oblige à imaginer ce qui n’existe pas encore.

L’idée de développer ça, sous la forme d’un vrai réseau internet, mobile et puis ensuite réseau social est quand même venu un peu plus tard. Je suis rentré en France vers 2002, et puis j’ai eu l’idée vers 2003, quand je devais rentrer en Vendée à Noël, pour les fêtes de Noël.

Bertrand Lenotre : Le jour de la révélation vous vous êtes dit, c’a y est, j’arrête définitivement l’ancienne vie qui était la mienne et je me lance la dedans ?

Frédéric Mazella : Ca n’a pas été aussi radical, ce qui a été radical, c’est que je n’ai pas dormi pendant 72 heures, c’est-à-dire que pendant 72h, je me suis dit, c’est pas vrai, c’est bête comme choux, ça n’existe pas, un vrai réseau complètement synchronisé, global où l’on puisse trouver toutes les voitures qui ont des places libres et où chaque passager peut venir acheter ces places, ça n’existe pas et pendant des jours, je ne croyais pas que ça n’existait pas.

Chez Blabla Car, on est tous co-voitureurs, à différents niveaux, et ici on a mis sur le mur ceux qui parmi nous dans l’équipe sont les plus grands co-voitureurs, qui sont ambassadeurs sur le site. En fait, quand on commence sa carrière de co-voitureur, on commence par être débutant, ensuite habitué, confirmé, expert puis ambassadeur.

Alors au début, c’est un peu un yoyo émotionnel parce qu’un jour on se réveille, on se dit qu’on va changer le monde, puis le lendemain on se réveille, et on se dit qu’on est en train de ruiner sa vie, donc, on se demande tous les jours si on a raison de continuer ou pas, surtout quand l’attraction n’est pas forcément au rendez-vous. Petit à petit, au fur et mesure on apprend que ça fait partie du processus, que douter c’est ce qui nous permet d’avancer et donc, on prend le doute comme une nouvelle force qui nous permet d’aller plus loin.

Bertrand Lenotre : Donc pour vous, il a été constructif le doute ?

Frédéric Mazella : Complètement oui, complètement. Bah, c’est, soit on se dit je doute et je vais faire mieux, soit on s’assoit et on pleure, moi je préfère continuer.

Bertrand Lenotre : vous avez toujours la même envie le matin ?

Frédéric Mazella : Ah oui, oui, oui, ça c’est complètement fou, ça fait, ça va faire presque 10 ans que je ne me pose jamais la question de la raison pour laquelle je me lève le matin. Par contre, je me pose la question de, si j’ai raison ou pas de faire ça, c’est la période de doute dont on parlait tout à l’heure, mais je sais pourquoi je me lève et je sais ce que j’ai envie de construire.

Bertrand Lenotre : Frédéric Mazella, on finit juste par un petit message personnel, ça c’est à l’adresse de tous les gens que j’ai rencontré moi, dans ma voiture, dans la voiture des autres, en utilisant Blabla Car, faites leur un petit coucou de ma part

Frédéric Mazella : Coucou, à bientôt dans une voiture, parce que voilà, je voyage moi aussi beaucoup, donc on se croisera bientôt

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