Travelling dans Remix Coworking, partenaire de l’incubateur HEC
27 janvier 2014
Uppy! sur Ouatch TV avec Digital Business News
22 janvier 2014

Inside Spartoo avec Boris Saragaglia

Inside, Reportages

Depuis sa création en 2006 par Boris Saragaglia, alors âgé de 23 ans, le spécialiste grenoblois de la chaussure en ligne a fait du chemin. Spartoo a depuis élargi son catalogue aux sacs et plus récemment au prêt-à-porter, deux véritables relais de croissance. Les chiffres de ce géant européen du e-commerce parlent d’eux-mêmes :

  • CA 2013 : 140 M€ dont 30% pendant les soldes
  • 900 marques, 50 000 références de chaussures, sacs et textiles.
  • 200 collaborateurs (+40 en 2013)
  • Présent sur les marchés de 20 pays
  • 14 M de visiteurs/mois

Visite du siège de Spartoo à Grenoble avec son créateur, Boris Saragaglia, connu pour être un des chefs d’entreprise du web français parmi les plus connectés aux metrics en temps réel.

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Bonjour Boris Saragaglia,

Boris Saragaglia : Bonjour Bertrand,

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : On est ici dans les locaux de Spartoo, depuis 3 ans vous êtes installés ici, vous êtes combien ?

Boris Saragaglia : Dans ces bureaux on est à peu près plus de 200 personnes, plus de 20 nationalités

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : En fait, Spartoo a changé depuis les Spartiates qui avaient inspiré le nom en 2006/2007 quand vous avez lancé, aujourd’hui c’est beaucoup plus que des chaussures maintenant

Boris Saragaglia : Tout à fait, on a démarré depuis 2 ans une accélération dans le sac et puis depuis l’année dernière on a vraiment accéléré le développement du prêt à porter, on offre aujourd’hui plus de 900 marques et plus de 50 000 modèles sur le site, c’est un vrai changement de cap qui a été fait ces 2 dernières années sur des segments comme le prêt à porter et le sac à mains

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : C’est gentil de nous recevoir pendant la période de soldes dont on imagine que pour Spartoo c’est l’effervescence totale, est-ce que c’est vraiment totalement différent du reste de l’année

Boris Saragaglia : on est nous dans un mode d’exécution très rapide et avec des fréquences de meetings et de points réguliers, les soldes sont un élément clés chez nous, les 2 périodes de soldes représentent à peu près 30% du chiffre d’affaires, la première semaine, la première semaine de chaque solde est extrêmement capitale donc là, on a plutôt des meeting à l’heure ou toutes les 2 heures avec les équipes pour s’assurer que les croissances de chiffre d’affaire, les maîtrises de la marge et les taux d’écoulement sont bons, et c’est ce que l’on fait aujourd’hui, le niveau d’effervescence est un peu plus élevé en période de soldes que traditionnellement même si le rythme traditionnel est soutenu

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Vous circulez beaucoup dans l’entreprise

Boris Saragaglia : Oui, alors moi, je suis rarement assis à mon bureau, l’idée pour moi c’est de travailler proche des équipes, à résoudre des problématiques avec elles et de pouvoir entrer dans le détail, à côté d’eux, derrière leurs fichiers pour essayer de comprendre quels sont les enjeux, quels sont les problématiques, qu’est-ce qu’on pourrait faire de mieux pour demain et je commence à être dans mon bureau à partir de 18h / 18h30 quand il y a un peu moins de personnes au sein du bureau, au sein des open space pour essayer de commencer à travailler sur mes dossiers et puis après ça peut se terminer tard le soir

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Donc, c’est ici que vous travaillez, lorsque vous êtes à votre bureau pas avec les collaborateurs entrain de checker tous les métrix notamment, on s’imaginait que vous aviez une douzaine d’écrans pour checker les métrix, ce n’est pas le cas là

Boris Saragaglia : Non, bah avec 2 écrans déjà on fait, on est déjà assez bon pour étudier pas mal de choses, moi je suis assez proche des équipes, au quotidien, c’est vraiment ça, ou je passe beaucoup de temps à leur montrer l’intérêt d’étudier les datas, regarder ensemble et en profondeur les chiffres et les différents trend, pour construire une vision, pour argumenter et pour essayer de voir ce que l’on doit améliorer, afin de progresser, et c’est vraiment avec les équipes que l’on construit ça, plus que moi tout seul dans mon bureau et c’est plutôt des choses que je vais faire le soir pour essayer de voir d’autres angles de vues que je n’aurai pas vu avec mes équipes.

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Comment vous essayez de contrôler, entre guillemets, la culture d’entreprise, est-ce qu’elle évolue en permanence, est-ce que vous avez encore une forme de contrôle ou est-ce que ça se nourrit tout seul, cette culture d’entreprise.

Boris Saragaglia : Je pense que les personnes qui étaient là au démarrage de Spartoo essayent in utero de promouvoir la culture de l’entreprise, après c’est mon rôle au quotidien avec les personnes des ressources humaines d’essayer de continuer à promouvoir, et à dupliquer et à diffuser cette culture aux nouveaux arrivants, parce que c’est ça la complexité quand on grossit, et quand on a un petit peu de turn-over, c’est d’arriver à ce que la culture se diffuse et se renforce et arrive à se développer avec le temps, au même moment que l’on grossit que l’on a de nouveaux collaborateurs qui nous rejoignent, ça c’est un enjeu qui est lié à la fois, entre les anciens, les ressources humaines et moi-même qui fait un effort important pour continuer à développer ces valeurs.

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Il y a beaucoup de strates hiérarchiques chez Spartoo

Boris Saragaglia : Nous on est sur un niveau très plat, moi je suis accessible tout le temps, je navigue dans les open sace régulièrement et à tout moment, les gens peuvent m’interrompre pour décider, choisir un truc, expliquer, voir si il y a des problématiques et il y a vraiment un niveau hiérarchique plat, chez nous l’importance, c’est vraiment la qualité des arguments, la qualité de l’argumentaire qui va emporter la décision et peu importe qui on est dans l’entreprise, on est très soucieux de l’engagement, du travail et des arguments qui sont amenés pour prendre des décisions, et du coup, le niveau hiérarchique n’est pas très très prononcé ici et c’est plutôt plat

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : on a vu que ce bureau, n’était pas ce que l’on pourrait fantasmer, c’est-à-dire une tour de contrôle technologique, par contre, ici Spartoo c’est une tour de Babel et on va aller visiter un morceau de cette tour de Babel en fait

Boris Saragaglia : Allons-y

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : En fait derrière, ce sont des call-center, qui sont des call-centers internationaux qui sont tous centralisés ici à Grenoble

Boris Saragaglia : Oui, tout à fait, on a au sein de nos services clients une vingtaine nationalités, on a, à peu près, trois, quatre personnes par pays qui passent leur journée à répondre, aux problématiques de nos clients, à les aiguiller sur de nouvelles collections et vraiment à faire que le client soit heureux lorsqu’il a un retour à faire, lorsqu’il cherche une information complémentaire sur ces produits, donc on va avoir des gens, des portugais, des espagnols, des finlandais, des danois, des suédois, des italiens et donc ça, c’est vraiment le côté cosmopolite qui est très intéressant ici et on fait venir les gens des différents pays, on recrute des portugais au Portugal, on leur demande de venir en France pour travailler au sein du groupe Spartoo. Quand on est dirigeant et que l’on a des structures juridiques dans une quinzaine de pays, on passe plus de temps à être dans les transports et à être dans les avions, et moi j’ai pris le parti d’être proche des équipes, très accessible et essayer de construire avec eux et tous ensemble, un vrai projet d’entreprise, je pense que c’est plus facile et ça fait plus de sens de ramener tout sur un même siège et de pouvoir continuer à nous développer, être proche des gens comme cela

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Quand vous avez créé la boîte vous aviez 25 ans, tout fraichement diplômé d’HEC, est-ce que vous avez toujours la même niaque entre guillemets et aujourd’hui la même envie de vous lever le matin pour y aller

Boris Saragaglia : Alors, j’avais 23 ans déjà, quand j’ai démarré, sur le campus, moi à partir du moment où je construis un projet avec des personnes qui partagent mes valeurs, qui partagent des valeurs communes dans un contexte très internationalisé, très multi culturel, moi, c’est vraiment ce qui me fait vibrer et je suis très content de pouvoir travailler au sein de Spartoo, continuer à développer Spartoo, j’ai la chance d’avoir des actionnaires de très grande qualité et donc ça j’en suis très fière et c’est ça qui me stimule tous les matins, c’est construire ce projet international avec des personnes qui partagent des valeurs communes

Bertrand Lenotre /  Digital Business News : Merci Boris pour cette balade chez Spartoo

Boris Saragaglia : Merci à vous